Rhinopneumonie équine : l’action de GDS Bretagne

La section équine lance une nouvelle action contre la rhinopneumonie.

Suite à un cas grave de rhinopneumonie (13 chevaux morts et 3 avortements) dans un centre équestre du Finistère en 2012, GDS Bretagne a décidé d’élargir ses compétences avec la création de la section équine en 2014.  Son objectif est de proposer aux détenteurs d’équidés adhérents, un ensemble d’actions de prévention sanitaire (action parasitisme, prise en charge d’autopsies, dépistage des métrites, etc.)

En 2018, la section équine propose une action en faveur de la vaccination contre la rhinopneumonie équine  : prise en charge d’un forfait de 12.50 € par équidé par an !

Qu’est ce que la rhinopneumonie ?

60 à 70%

des chevaux sont porteurs latents de l’herpès-virus responsable de la rhinopneumonie
(individus ne présentant pas de symptômes mais pouvant excréter le virus lors d’une baisse du système immunitaire occasionnée par un état de stress, une fatigue).

Selon certains vétérinaires équins, seulement 30% des détententeurs vaccineraient leurs chevaux contre la rhinopneumonie, principalement les chevaux d’élevage, mais les autres catégories représentent le “réservoir” de la maladie.

Cette maladie peut s’exprimer sous 3 formes :

1. La forme abortive : l’infection des poulinières se fait le plus souvent lors de l’introduction de nouveaux chevaux dans l’élevage ou lors d’un séjour dans un autre élevage pour saillie ou poulinage. L’avortement peut avoir lieu dans les 9 jours à 4 mois suivant la contamination. Foetus et annexes sont expulsés généralement sans aucun signe prémonitoire. Dans un effectif non vacciné on peut observer jusqu’à 90% d’avortements. Il est inutile de vacciner uniquement les poulinières si les autres chevaux de l’élevage ne sont pas vaccinés (réservoir).

> La vaccination fait reculer de 75% les avortements herpétiques.

2. La forme respiratoire : elle provoque une rhinopharyngite aigüe évoluant rapidement en une trachéobronchite. La maladie d’allure grippale (forte montée de température) dure 1 à 2 semaines ; elle est susceptible d’être compliquée par des surinfections bactériennes.

3. La forme nerveuse : les chevaux atteints peuvent présenter des difficultés à se tenir debout, une certaine ataxie (le cheval ne semble pas savoir où se situe ses membres postérieurs dans l’espace) évoluant vers une paralysie, une atonie vésicale qui se traduit par des incontinences, des paralysies du pénis, de la queue. Les séquelles peuvent être irréversibles, voire mortelles.

La rhinopneumonie s’exprime de manière foudroyante avec des effets dévastateurs.

Elle a de multiples impacts : économiques (coût du traitement, valeur des animaux décédés), émotionnels, sur l’image de l’exploitation. La circulation des animaux (entrainement, concours, saillies) peut rendre la transmission très rapide et toucher directement la filière.

L’impact sanitaire et économique est aujourd’hui sous-estimé et mérite la mise en place de solutions de prophylaxie ainsi qu’une communication d’envergure.

Action collective de vaccination contre la rhinopneumonie

Pour lutter efficacement contre la rhinopneumonie, il est inutile de vacciner uniquement les animaux reproducteurs. Une vaccination de tout l’effectif de l’élevage limite la circulation du virus et sa ré-excrétion par les porteurs latents. D’où l’intérêt de raisonner en prophylaxie de filière pour cibler tous les types de chevaux “réservoirs” de la maladie.

Au regard du profil varié des adhérents de la section équine, GDS Bretagne propose une aide à la vaccination contre la rhinopneumonie par la prise en charge d’un forfait de 12,50€ par équidé par an. Cette prise en charge partielle de la vaccination doit inciter les éleveurs pour lesquels la démarche n’est pas obligatoire à protéger leurs animaux du risque sanitaire potentiel.

L’action renforcera la communication autour de la maladie pour informer les détenteurs, les inciter à protéger leurs équidés en les vaccinant et ainsi améliorer le niveau sanitaire de la filière équine bretonne.

LES RETOMBEES ATTENDUES

Faire prendre conscience à un maximum de détenteurs d’équidés de la gravité des impacts de la rhinopneumonie. De façon plus large, sensibiliser les détenteurs d’équidés à la protection sanitaire de leurs animaux et de la filière équine.

-Inciter les détenteurs d’équidés à entrer dans une démarche sanitaire collective en vaccinant, en plus des chevaux d’élevage, les autres équidés (chevaux de sport, chevaux de centres équestres, particuliers / loisir,…).

Participer collectivement à la protection de la filière en limitant le risque sanitaire de la rhinopneumonie.

– Positionner la région Bretagne, zone importante en effectif d’équidés, reconnue pour son excellence sanitaire sur les autres filières d’élevage , en tant que région-pilote vis-à-vis de la protection sanitaire de la filière équine à travers cette action collective.

Témoignages

Dr Marie-Noëlle LEMOULAND
Filière équine GTV Bretagne
Comission équine SNGTV

“Il n’existe pas de traitement spécifique contre la rhinopneumonie. On gère les symptômes, on stimule le système immunitaire et on limite le risque de contagion (par inhalation et contact avec des éléments contaminés par le virus). La vaccination reste le seul élément de protection individuelle et efficace contre la propagation de la maladie. Elle protège contre la forme respiratoire (en pratiquant des rappels tous les 6 mois). La protection contre la forme nerveuse est plus controversée. Cependant, il est prouvé que la vaccination présente un intérêt indéniable en limitant la propagation du virus au sein d’un groupe et en stimulant le système immunitaire des individus”.

Dr Marie-Noëlle LEMOULAND
Daniel CHERDO et son cheval OSARUS
Daniel CHERDO
Eleveur de Pur-Sang installé à Morieux (22) témoigne à propos de l’impact de la rhinopneumonie dans la filière course.

Quel est l’impact de la rhinopneumonie sur la filière ?

Plusieurs épisodes récents de rhinopneumonie chez des entraineurs et éleveurs nous ont fortement sensibilisé à cette problématique. L’impact économique est énorme avec des avortements, voire même des euthanasies. la forme respiratoire peut être plus sournoise et tout aussi impactante sur les performances.

Plusieurs éleveurs ont été touchés l’hiver dernier, dont un des plus gros entraîneurs français. De ce fait, la filière s’organise pour augmenter le taux de vaccination. La vaccination des juments de races TF, PS et AQPS* est déjà obligatoire pour les saillies ; cette obligation pourrait s’étendre aux autres catégories d’équidés.

Votre propre protocole de prévention ?

L’intégralité de mes chevaux est vaccinée annuellement contre la rhinopneumonie et ce, depuis plusieurs années déjà. Mon vétérinaire m’avait sensibilisé aux risques de cette maladie. Les épisodes récents n’ont fait que renforcer ma décision.

Votre avis sur la prise en charge proposée par GDS Bretagne ?

Je suis convaincu par la nécessité de communiquer davantage sur cette maladie. Le fait d’encourager la vaccination permet d’augmenter la population équine protégée (toutes races confondues) c’est un vrai “plus” au niveau collectif. Le fait d’avoir des chevaux correctement vaccinés peut également devenir un vrai argument sanitaire pour la vente.

*TF : Trotteur français ; PS : Pur Sang ; AQPS: Autre que pur sang

Retrouvez toutes ces informations sur le dossier spécial du Kiosk n°17 :

Toutes les alertes sur le site du RESPE :  www.respe.net/alertestoutes
L’actualité du RESPE (Réseau d’Epidémio-Surveillance en Pathologie Equine) sur www.respe.net/

 

Retrouvez l’actualité de la filière équine en Bretagne sur le site du Conseil des Equidés de Bretagne : www.conseilchevauxbretagne.fr